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Pour les amateurs de Tim Burton qui riquent de lire ces lignes, Vincent Price est le gentil Frankenstein d'Edward aux mains d'argent, après avoir été la voix de Vincent, en fait sa propre voix. Il a connu à la fin de sa vie une émouvante reconnaissance de la part de la jeune génération, mais ce n'est, comme nous allons le voir, qu'une des facettes de l'existence de cet acteur atypique.
 incent Leonard Price est né dans le Middle-West le 27 mai 1911, plus précisément à Saint-Louis (Missouri), dans une famille aisée, d'un père président d'une grosse société et d'une mère enseignante. Il est marqué très tôt par le théâtre : on peut déjà le voir dans une saynète à l'âge de quatre ans ! Il n'est pas en reste avec le cinéma où certains personnages fantastiques de l'époque du muet marquent l'enfant, que ce soit le Golem ou Docteur Jekyll et Mr Hyde avec John Barrymore. Il manifeste aussi un grand d'intérêt pour les arts : il commence sa collection d'œuvres d'art à 12 ans.
aint-Louis est à l'époque la quatrième ville des États-Unis, animée et d'une population mélangée, ce qui a s'en doute contribué à stimuler Vincent Price dans son envie de voyager en Europe (Paris, Rome, Madrid) depuis l'age de 10 ans. Il rentre à l'automne 1929 pour étudier à Yale, comme son frère et son père, la littérature et l'histoire anglaise. Pour épicer ses journées, il pratique aussi le chant et s'amuse à jouer les premiers rôles dans des petits films amateurs. Fraichement diplômé, il quitte Yale en 1933 et accepte un poste de professeur dans l'état de New-York. Ce rôle ne le séduit pas et il reprend ses études et passe sa thèse au Court Hall Institute, à Londres. C'est à cette époque qu'il a l'occasion de voir John Gielgud en Hamlet et c'est peut être ce genre de glorieux exemple qui le pousse à aborder le théâtre en professionnel. On lui propose rapidement le premier rôle masculin au théâtre The Gate, où il joue dans Victoria Regina, pièce à costumes sur l'époque victorienne. Il devient très vite une star et lorsque la pièce est montée aux États-Unis, il est du voyage et donne la réplique en 1936 à la reine de Broadway du moment : Helen Hayes. Cette pièce l'occupera pendant deux années pendant lesquelle il verra sa notoriété exploser, lui permettant de faire ses choix pour l'avenir. Il rejoint ainsi le jeune Orson Welles au Mercury Theatre Compagny où il joue dans Shoemaker's holiday. C'est là qu'il rencontrera Edith Barrett, avec qui il se marie le 23 avril 1938 : les deux vedettes de la troupe connaissent ensemble les succès public et personnel !
a carrière de Vincent Price prend alors un nouveau tournant : il signe avec le studio Universal et fait ses débuts au cinéma dans Service de Luxe en 1938, aux côtés de Contance Bennett. C'est un succès critique et commercial. Il enchaîne quatre films pour Universal puis, lassé de jouer les jeunes premiers, trop fades pour sa personnalité, quitte le studio en 1940. Il signe alors un contrat avec la Twentieth Century Fox pour sept ans. Il n'a plus les premiers rôles mais peut explorer des personnages plus consistants. Même sa vie privée le comble : son fils naît en août 1940.
incent ne peut cependant tourner le dos au théâtre qui lui a donné ce goût pour le jeu d'acteur. Comme son contrat l'y autorise, il retourne donc sur les planches à Broadway pour Angel Street, qui sera créé en décembre 1941. Étrange succès : il coïncide avec l'attaque de Pearl Harbour et l'entrée en guerre des États-Unis et le personnage qu'interprète Vincent Price est son premier rôle négatif, où il triomphe par la peur. Et voilà Vincent Prince faisant ses premiers pas dans un registre qu'il exploitera largement au cours de sa carrière, lui apportant à la fois le succès, l'argent et le divertissement personnel, mais l'emprisonnant aussi dans un genre qui ne valorise qu'une partie de son talent.
 hargé d'un jeu d'interprétation sombre et menaçant, il retourne à Hollywood en 1942 et joue pour la Fox un procureur sadique dans Le serment de Bernadette, fondé sur l'histoire de Bernadette Soubirou. De nombreux films suivent : il est face à Gene Tierney et Dana Andrews dans Laura, d'Otto Preminger ; il est dirigé par Joseph Mankiewicz dans Le château du Dragon pour le rôle d'un mari sadique ; il joue un psychiâtre adepte des électro-chocs dans Schock. Son style est trouvé, sa carrière est lancée mais son mariage ne connait pas la même apogée et se détériore, sans doute parce que des deux jeunes premiers qui s'étaient mariés, il n'y en a qu'un dont la carrière a vraiment décollé. Le divorce est prononcé en 1948, laissant Vincent Price avec la douleur de ne plus voir son fils autant qu'il le souhaite.
n homme de sa prestance ne pouvait rester seul bien longtemps : il se remarie en septembre 1949 avec Mary Grant, décoratrice de théâtre. C'est à cette période charnière que Vincent va laisser s'exprimer tous ses centres d'intérêt dans le domaine des arts. Vincent et Mary sont tous les deux cultivés, ils sont riches, ils ont du goût et leur maison devient un petit musée de peinture et de sculpture. Vincent Price commence à se faire un nom en tant que critique d'art, sans négliger son métier d'acteur, mais plutôt en profitant de sa popularité pour partager ses passions avec le plus grand nombre, n'hésitant pas à participer à des shows télévisés pour sensibiliser les spectateurs à l'objet de sa passion. Il est chargé de conférences à l'université d'East Los Angeles, où le bon accueil qu'il reçoit le pousse à financer un local d'exposition d'œuvres d'art.
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