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ansel and Gretel (1982) est un moyen métrage de 45 min réalisé pour Disney Channel dans la foulée de Vincent. Tim Burton marque le conte traditionnel de son empreinte en le plaçant dans un monde imaginaire (plus de Forêt Noire !), uniquement peuplé de Japonais. Pour rajouter au décalage, les acteurs ne sont pas des professionnels et il anticipe l'ambiance de l'intérieur de Pee-Wee en changeant la profession du père des héros : de bûcheron, il devient fabricant de jouet et remplit sa maison de créations personnelles. Le projet eut du mal à être pris au sérieux, d'autant plus que les rôles de femmes furent joués par des hommes, dans la tradition du théâtre Nô, et que les combats relevaient forcément des arts martiaux... Le film ne connut qu'une diffusion, le 31 octobre à 22h30 : il ne devait pas y avoir grand-monde devant son poste en cette soirée d'Halloween, c'était, bien évidemment, le but des programmateurs de Disney Channel, sans doute trop anxieux que ce film fût regardé ! À quand une rediffusion ou un bonus DVD ?

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rankenweenie fut aussi produit pas Disney, qui ne sut toujours pas quoi faire des œuvres de ce réalisateur incontestablement prometteur mais décidément inexploitable.

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laddin and his Wonderful Lamp (1982) a été réalisé pour la série Faerie Tale Theatre dont Shelley Duvall était la productrice exécutive et la présentatrice, après avoir été comédienne sur le plateau de Frankenweenie. C'était a priori plutôt flatteur pour un jeune réalisateur de se trouver dans une série où travaillèrent aussi des personnalités comme Francis Ford Coppola. Mais Tim Burton n'a pas pu mener le projet comme il l'entendait, essentiellement pour des questions de moyens. Il avait une semaine pour mettre en boîte un film de 47 min et l'ensemble en souffrit. Il dirigea des acteurs chevronnés, et notamment Leonard Nimoy qui était l'un des acteurs cultes de son enfance, mais cela ne suffit pas à personnaliser l'ensemble. Quelques scènes de magie, avec squelettes et ambiances humides en suffisent à créer un style. Tim Burton prétend n'être satisfait ni de l'expérience ni du produit fini.

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'est avec ce film que prit fin l'emploi de Tim Burton chez Disney, il fila rejoindre la Warner pour Pee-Wee, mais leur collaboration n'était pas terminée. Disney avait les droits sur L'Étrange Noël de Monsieur Jack sur lequel Tim Burton avait commencé à travailler depuis longtemps. Ils se retrouveront donc quand le projet pourra prendre forme, ainsi que plus tard, quand Disney (via Touchstone Pictures) sera la seule compagnie à oser produire Ed Wood dans les conditions réclamées par son réalisateur.
Signalons aussi que Tim Burton est le producteur de Cabin Boy (1993) et de James et la Pêche Géante (1994) pour Touchstone Pictures .

Il ne faut pas se laisser réduire à la première impression du formatage que Disney aurait voulu appliquer à Tim Burton, comme cette compagnie le fait pour nombre de ses employés. Une fois acquis qu'elle tenait là un ludion qu'on ne pouvait pas valoriser comme les autres, il n'a pas été facile pour chacun de trouver ses marques, mais on peut dire que cette collaboration est globalement positive. Des débuts maladroits et expérimentaux ont résulté de nombreux films aujourd'hui invisibles mais qui forment des jalons importants dans la formation du réalisateur.
De tous ces titres de jeunesse ne sont disponibles aujourd'hui que Vincent et Frankenweenie, mais ce sont de glorieux précurseurs, sans oublier que L'Étrange Noël de Monsieur Jack et Ed Wood sont aussi parmi les films les plus personnels du réalisateur (avec Edward aux Mains d'Argent, qui échut à la Fox). La Warner a ainsi gagné plus d'argent que Disney de sa collaboration avec Tim Burton, mais elle n'a pas la satisfaction de l'avoir soutenu aux moments difficiles.

màj : 2004