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Nous avons vu dans sa biographie que Tim Burton reste peu disert sur son enfance, il dispose d'une série de réponses prêtes à l'emploi dont il ne sortira pas. C'est son droit le plus strict, mais on reste évidemment un peu curieux : on finit par comprendre qu'il parle sans cesse de son enfance, mais de façon indirecte, dans toute son œuvre. Nous avons plus de renseignements à partir du moment où il intégre le CalArts en 1976 et se fait remarquer assez rapidement.
Cette page est malheureusement celle de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours puisque nous ne disposons pas d'un entourage qui nous permettraient de visionnner les films que nous évoquons. Nos sources de renseignements sont constituées par les différents documents signalés dans la bibliographie, nous sommes en particulier redevables au livre de Jim Smith et J Clive Matthews (Virgin Books), malheureusement non traduit en français à ce jour.

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talk of the Celery Monster [la Tige du Monstrueux Céleri] (1979) est en quelque sorte le film d'animation de fin d'étude de Tim Burton au CalArts, qui lui permit d'intégrer les studios Disney en tant qu'animateur. D'après Rick Heinrichs, partenaire de la première heure (Big Fish est le premier film de Tim Burton au générique duquel il n'apparaît pas...), ce film détonnait par rapport aux travaux des autres étudiants de cette promotion car il ne cherchait pas à faire étalage d'une technique d'animation rôdée mais avant tout à être un vrai film, avec des personnages plus épais que la pellicule. Ce film raconte l'histoire d'un scientifique qui, avec l'aide d'un géant bossu, semble s'acharner rageusement sur une femme étendue. On s'aperçoit à la fin qu'il s'agit d'un dentiste quand il appelle le patient suivant. Pas besoin d'être docteur spécialisé en burtonologie pour reconnaître un film d'horreur détourné et en particulier un premier hommage à Frankenstein.

octor of Doom [Docteur Fatum] (1980) est un petit film de Tim Burton et Jerry Rees, tourné avec des moyens vidéos dérisoires dans l'esprit des films d'Ed Wood. Dans une ambiance victorienne, un scientifique, joué par Tim Burton lui-même, présente sa création : un monstre à tête d'éléphant. Pastiche sans prétention, hommage à Frankenstein (un de plus !) et à Elephant Man de David Lynch, sorti la même année.

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uau (1982) a été tourné peu après Doctor of Doom, mais a mis deux ans à être monté. C'est un film plus ambitieux que le précédent par le nombre de collaborateurs mais tourné dans la même ambiance déjantée. C'est encore Tim Burton et Jerry Rees qui sont aux commandes, entourés de nombreux diplômés du CalArts : c'est un film de copains qui jouent aux comédiens, souvent au début d'une belle carrière d'animateur pour Disney. C'est aussi la première collaboration de Tim Burton avec Rick Heinrichs, qui participera à toute l'aventure burtonienne jusqu'à La Planète des Singes. L'histoire mélange une histoire de surfeurs avec des péripéties de films d'horreur de série Z, avec des intermèdes musicaux ou chantés, le résumé disponible laisse penser que tout ce petit monde s'est bien amusé...

De ces premiers films publics (la plupart des films d'enfance de Tim Burton sont prétendument perdus...) ne sont visibles que des extraits dans un documentaire vidéo consacré au réalisateur : Tim Burton: Trick or Treat?

outes ces activités extra-professionnelles ne doivent pas faire oublier que Tim Burton était employé par Disney. Le premier projet auquel on lui demanda de participer fut Rox et Rouky (Art Stevens, 1981). On peut difficilement imaginer une esthétique plus éloignée de son monde : des gentils renards et des gentils chiens qui parlent, il les aurait plutôt découpés en morceaux, quitte à les reconstituer après. Quand Glenn Kean, un employé Disney de la vieille école, s'aperçut que son nouvel animateur ne faisait pas les renards calibrés Disney, il lui confia des bouts de décor, le plongeant dans ce qui ressemble à une dépression, avec de longues crises d'hypersomnie (en clair, Tim Burton passait son temps à dormir au bureau). Tim Burton commença à se demander s'il n'avait pas fait une erreur en imaginant qu'il pourrait travailler ainsi pour l'argent sans s'impliquer personnellement. Seule la rencontre de quelques amis put lui remonter le moral, surtout s'ils pouvaient venir s'amuser avec Luau.

l connut un soulagement relatif quand on le transféra sur Taram et le Chaudron Magique (Ted Berman et Richard Rich, 1985). Il était chargé d'imaginer des graphismes divers pour le film. On le laissa tranquille pendant une année, mais il finit par comprendre que les fruits de son imagination ne pouvaient pas coller avec l'esthétique maison et que tous ses projets resteraient sans suite sur ce film. Il imaginait des choses vraiment trop bizarres, mais qui plaisaient à certains. C'est à ce moment qu'Henry Selick remarqua Tim Burton, rapprochant son esthétique du monde de Charles Addams (le créateur de la famille homonyme), donc pas vraiment à la bonne place pour son avenir.

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ne rencontre plus déterminante fut celle de la productrice Julie Hickson, qui faisait partie des décideurs de chez Disney. Ken Hanke lui prête une liaison avec Tim Burton, ce qui aurait considérablement facilité la mise en route de Vincent. Cela n'enlève rien au mérite de chacun et n'aidera en rien à la diffusion de la première réalisation professionnelle de Tim Burton. Son nom commence seulement à circuler dans des cercles encore restreints.

màj : 2004