|
Tim Burton naît à Burbank (Californie) le 25 août 1958. Il reconnaît ne pas avoir eu beaucoup d'échanges avec ses parents, mais la ville où il grandit l'accompagnera : une banlieue, certes comme beaucoup d'autres villes américaines, mais qui jouxte les grands studios hollywoodiens. Il lui faudra franchir bien peu de miles mais bien des épreuves pour y être reconnu ; on aurait tort d'en conclure qu'il a manqué d'imagination.
Enfant introverti, entre un père sportif frustré et une mère obsédée par les chats, son éducation semble s'être essentiellement formé devant les écrans des salles obscures qui fleurissaient dans son quartier et devant la télévision. Il a le goût de tout ce qui le fait sortir de la vie quotidienne qui, sans l'agresser, lui échappe. Il reconnaît encore aujourd'hui avoir du mal à lire ou à parler, s'exprimant plutôt par l'image et le dessin. Vivant dans un univers parallèle, nourri de films d'horreur et de films fantastiques, en particulier réalisés par la Hammer, et il doit sans doute à son travail créateur d'avoir échappé à la folie. Il est difficile de dire si Tim Burton s'est arrêté de grandir pour prolonger ses activités d'enfant à une échelle d'adulte ou s'il a mûri très vite pour atteindre un univers que beaucoup trouveraient cauchemardesque pour un enfant.
Plongé dans son monde intérieur, seuls ses dons pour le dessin lui permettent de continuer des études. Il décroche ainsi en 1976 une bourse pour le California Institute of the Arts (Cal Arts), la pépinière des dessinateurs fondé par les studios Disney, qui en imposent les programmes. Ce moule convient évidemment à Tim Burton comme une crèche de Noël convient à une citrouille d'Halloween. Heureusement la rencontre avec d'autres décalés qui lui ressemblent, il lui permet de prendre conscience de sa vocation et de la possibilité d'en vivre. Le plus étrange reste que Tim Burton se fait engager par les studios Disney en 1979 : chacun est conscient du décalage stylistique criant entre l'artiste et le style de Mickey, mais la firme aux grandes oreilles, sait malgré tout détecter le talent. Le problème reste qu'elle ne sait pas quoi en faire quand il ne colle pas avec les standards de la maison. Tim Burton passe alors par une phase d'activité quasi autistique : d'un côté, aucun de ses dessins pour Rox et Rouky ou Taram et le chaudron magique n'est utilisé, de l'autre, il développe ses projets personnels, imagine L'étrange Noël de Monsieur Jack qui ne se concrétisera qu'une fois le succès venu. Globalement, Tim Burton garde un souvenir amer de cette période.
Il en reste que pendant son exile chez Disney, on lui octroie 60 000 dollars en 1982 pour réaliser Vincent, émouvant hommage à son idole Vincent Price. Malgré tout, personne ne sait quoi faire de ce court métrage décalé. Alors Tim Burton enchaîne sur une adaptation asiatique du conte de Grimm Hänsel et Gretel pour Disney Channel, qui relève plutôt de la commande, et sur le fameux Frankenweenie, hommage à la Hammer et à son mythe de Frankenstein. Il réalise dans la foulée une adaptation d'Aladdin et le Lampe Merveilleuse pour la série télévisée Shelley Duvall's Faerie Tale Theatre en 1984. Ces courts métrages, s'ils ne sont pas encore reconnus par ses pairs, permettent à Tim Burton de se faire remarquer par quelques décideurs. Il est abusif de dire que toute l'œuvre à venir est déjà en place, mais on est confondu rétrospectivement par l'homogénéité de la production, dès ces premières bobines.
|